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LEONORA CARRINGTON

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expositions

Le musée du Luxembourg nous propose la première rétrospective en France de cette figure majeure du surréalisme, Leonora Carrington, qui reste pourtant peu connue. Elle a développé un œuvre hydresque dans lequel se mêlent de nombreuses influences, croyances, symboles, diagrammes, et autres représentations de personnages et d’animaux féeriques et étranges. Une autre facette du surréalisme.

Exposition Leonora Carrington au musée du Luxembourg jusqu’au 19 juillet 2026.

Oink (They Shall Behold Thine Eyes), 1959 © 2026 Estate of Leonora Carrington / ADAGP, Paris / Peggy Guggenheim Collection, Venise

Sisters of the Moon, Diana, 1932 © 2026 Estate of Leonora Carrington / ADAGP, Paris

Double Portrait (Self-Portrait with Max Ernst), 1938 © 2026 Estate of Leonora Carrington / ADAGP, Paris

Artes 110, 1944 © 2026 Estate of Leonora Carrington / ADAGP, Paris

Las tentaciones de San Antonio, 1945 © 2026 Estate of Leonora Carrington / ADAGP, Paris

Retrato del Dr. Urbano Barnés, 1946 © 2026 Estate of Leonora Carrington / ADAGP, Paris / GrandPalaisRmnEditions

Edwardian Hunt Breakfast, 1956 © 2026 Estate of Leonora Carrington / ADAGP, Paris

Cliquez sur les vignettes pour les agrandir

Figure majeure du mouvement surréaliste et l’une des quelques femmes, avec Leonor Fini ou Valentine Penrose, à avoir épousé le mouvement du pape André Breton. Mouvement artistique, littéraire, poétique, cinématographique et surtout international puisqu’au-delà de nos frontières des artistes comme Kay Sage, Frida Kahlo, Dorothea Tanning, Mimi Parent, Meret Oppenheim, Toyen, Unica Zürn et quelques autres prouvent, si besoin était, son rayonnement.
Leonora Carrington, elle, anglaise née dans le Lancashire le 6 avril 1917, est non seulement une peintre d’importance, mais aussi une romancière accomplie, dont l’œuvre fait enfin l’objet d’une première rétrospective en France au musée du Luxembourg. Sa renommée, comme son œuvre, commence à être reconnue à l’égal des grands et le marché, toujours attentif, lui ouvre grandes ses portes comme l’atteste cette œuvre, Les Distractions de Dagobert qui a changé de mains en 2024, chez Sotheby’s à New York, pour plus de 28 millions de dollars ! Quasiment toutes ces artistes de la galaxie surréaliste citées plus haut, sont inconnues ou presque du grand public, d’où l’importance de cette rétrospective qui peut ouvrir à d’autres présentations. Un champ exploratoire immense est en friche.

Sisters of the Moon, Fantasia, 1933 © 2026 Estate of Leonora Carrington / ADAGP, Paris

Le Bon Roi Dagobert (Elk Horn), 1948 © 2026 Estate of Leonora Carrington / ADAGP, Paris / Collectión D.T.O.

La jeune Leonora Carrington, issue d’une famille aisée d’industriels du textile, affirme très tôt son envie d’être peintre. Née dans une Angleterre biberonnée, depuis le XIXe siècle, au roman gothique, au fantastique des Mary Shelley, Bram Stocker, Edgar Poe et autre Matthew Lewis, une littérature qui mêle à l’horreur, le fantastique, les contes de fées et un certain romantisme que l’on retrouve aussi du côté des peintres pré-raphaélistes ou dans les envoûtants dessins d’un Aubrey Beardsley. On ressent cet héritage dans ses premières « œuvres », plutôt des dessins effectués dès ses 15 ans, qui associent à une imagination fertile pour des mondes oniriques et enchanteurs, une belle maîtrise d’exécution alliant à un dessin recherché, une parfaite utilisation de la couleur dans des histoires et des personnages inventés par elle : des femmes imaginaires et puissantes, sorcières, animaux fantastiques, dragons, chauves-souris… (Sœurs de la lune, Lucienne, 1932 et Sœurs de la lune, Imagination, 1933) dans une atmosphère de contes (cruels ?) pour enfants. Ces premières œuvres, très achevées, montrent déjà un esprit tourné vers ce qui va charpenter sa vie : la sororité, le rêve, le fantastique et l’onirisme… Toute sa palette surréaliste est déjà inscrite là.
Très tôt donc, elle montre des dispositions pour la peinture et ses parents, qui ne veulent en rien contrarier ce dessein, l’envoient à Florence dans une école fréquentée par les jeunes filles de la haute société. Au musée des Offices, elle découvre les grands maîtres italiens des Quattrocento et Cinquecento. De retour à Londres, deux ans plus tard, elle parfait sa main et ses connaissances à la Chelsea School of Art et à l’académie d’art d’Amédée Ozenfant. Le surréalisme, elle le découvre dans l’ouvrage d’Hubert Read et fait la connaissance de Max Ernst lors d’un dîner suite à une exposition de ce dernier. C’est le début de leur relation et son entrée dans la mouvance du groupe animé par Breton. Le couple se cache, le père de Leonora veut assigner Max Ernst pour… pornographie ! En 1936, elle commence son véritable parcours artistique.

Grandmother Moorhead’s Aromatic Kitchen, 1975 © The Charles B. Goddard Center for Visuel and Performing Arts, Ardmore Oklahoma / 2026 Estate of Leonora Carrington / ADAGP

Paris, Madrid, New York en enfin Mexico !

Elle participe en 1938 à l’Exposition internationale du Surréalisme qui se tient à la galerie des Beaux-Arts à Paris. Elle vend sa première œuvre à Peggy Guggenheim. Le couple fuit en France et trouve refuge dans un petit village ardéchois où défile la fine fleur des surréalistes. Elle peint, écrit aussi, des contes qu’illustre Max Ernst. Leur maison retapée se voit ornée de sculptures et de peintures sur les murs, les portes et les fenêtres (quelques exemples sauvés de la démolition sont présents ici). Leur communauté d’esprit est complète, ils font de leur maison une œuvre en soi.

La guerre rattrape Max Ernst, d’origine allemande. Il est arrêté et interné au camp des Milles et Leonora fuit en Espagne. Suite à un viol par des soldats franquistes, traumatisée, elle est admise dans une clinique psychiatrique à Santander. Elle est traitée avec un médicament qui lui provoque des crises d’épilepsie. Elle publiera plus tard le récit En Bas, confession bouleversante de cette expérience traumatisante.
En 1941, elle s’en échappe, fuit l’ire paternelle et se marie avec Renato Leduc (ils se sépareront deux ans plus tard), un diplomate mexicain rencontré à Madrid. Direction New York où elle retrouve André Breton, Max Ernst (marié à Peggy Guggenheim), André Masson, Roberto Matta, Wolfgang Paalen et Yves Tanguy. En 1942, elle s’installe à Mexico, y achète une maison quatre ans plus tard avec son nouveau mari, Emerico « Chiki » Weisz un photographe hongrois, assistant et ami d’enfance de Robert Capa. 1948 voit sa première expo à New York.
La fine fleur du surréalisme qui avait quitté sa patrie de naissance pour une d’adoption va forger la seconde partie de l’histoire du mouvement, un mouvement trop souvent cantonné aux années d’avant-guerre. Entourée de toute la galaxie surréaliste et même au-delà, commencent pour Leonora des années d’intense création, on lui commande des fresques, elle écrit romans et contes. Des années d’où sortiront ses plus belles œuvres nourries de ses expériences, de ses lectures et des nombreuses découvertes qu’elle va faire dans sa nouvelle terre d’accueil : le Mexique.

La Joie de patinage, 1941 © 2026 Estate of Leonora Carrington / ADAGP, Paris / Collection Pérez Simón

The Lovers (Les Amants), 1987 © FAMM Femmas Artistes du Musée de Mougins / 2026 Estate of Leonora Carrington / ADAGP, Paris

Explorer des voies nouvelles

Dans le sillage de Breton et son désir de créer « un mythe collectif » (1) mythe qui peut contribuer à « l’émancipation de l’homme » (1), quelques surréalistes vont partager sa fascination pour l’occultisme, le spiritisme et l’ésotérisme. Cet intérêt entraîne Leonora qui, sans jamais vraiment l’expliciter, à trouver des voies nouvelles, ésotériques qu’elle intègre dans son travail à force de symboles, diagrammes, et autres représentations de personnages et d’animaux féeriques et étranges dans une manière presque précieuse.
Un travail issu de son imagination fertile, des mondes qui ne sont pas sans rappeler les étrangetés d’un Bosch ou le fourmillement des œuvres d’un Pieter Brueghel l’Ancien, voire certaines représentations mythologiques. Le tout mis en scène dans des décors dans lesquels l’onirisme le dispute au fantastique mêlant à une sorte d’alchimie des métaphores empruntées à la sorcellerie.
Des œuvres « non seulement peintes, mais aussi concoctées. Il semble parfois qu’elles se sont matérialisées dans un chaudron sur le coup de minuit » écrit Edward James poète et mécène de certains surréalistes. Au Mexique, elle plonge dans la mystique du pays allant jusqu’à des expériences alchimiques et autres rituels celtiques. Son art s’en ressent, poussant les limites du surréalisme aux confins d’un art symbolique dans lequel le naturel se mêle au surnaturel, au profane comme au sacré, à la kabbale qu’elle commence à étudier dès 1938, ou encore au Bardo, le Livre des morts tibétain ! Un étrange emmêlement dont le déchiffrement résiste souvent aux interprétations… profanes du moins. Le catalogue, qui revient en profondeur sur ces errements et ses études, est ici plus que jamais d’un grand secours.
Il lui faudra attendre les années 90 pour qu’elle commence enfin à être reconnue. Une reconnaissance ponctuée par de nombreuses expositions internationales et récompenses. Le 25 mai 2011, elle s’éteint à l’âge de 94 ans à l’hôpital anglais de Mexico.

  1. André Breton, Position politique du surréalisme, 1935.


Musée du Luxembourg, 19 rue de Vaugirard (6e).
À voir jusqu’au 19 juillet 2026
Ouvert du lundi au dimanche de 10h30 à 19h30, nocturne le lundi jusqu’à 22h.
Accès :
RER : ligne B, arrêt Luxembourg (sortie Jardin du Luxembourg)
Métro : ligne 4, arrêt Saint Sulpice ; ligne 10, arrêt Mabillon ; ligne 12, arrêt Rennes
Bus : lignes 58, 84, 89, arrêt Musée du Luxembourg ; lignes 63, 70, 86, 96 arrêt Église Saint Sulpice
Site de l’exposition : ici

Catalogue
Leonora Carrington
Sous la direction de Tere Arcq et Carlos Martín
GrandPalaisRmnÉditions
208 pages. 160 illustrations

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